lundi 27 avril 2009

De l'autre côté des Andes

Après deux mois et demi au Pérou, j’ai finalement réussi à sortir de ce pays qui semblait vouloir me retenir. Je n’avais pas l’intention d’y rester si longtemps, mais je n’ai aucun regret. Le Pérou est un pays magnifique qui n’a cessé de m’étonner. Puis je n’ai même pas tout vu.
Je me trouve donc maintenant en Bolivie, pays voisin du Pérou où la culture andine est encore bien évidente. J’ai commencé mon séjour à Copacabana, sur les rives du lac Titicaca que je découvrais pour la deuxième fois. Je suis resté une journée dans ce village tranquille qui, en plus du lac, est reconnu pour son église où l’on bénit les voitures et les camions. Je n’ai pas vu de cérémonie de bénédiction, mais après avoir passé quelques heures sur les routes boliviennes, je n’ai pas de difficulté à croire que c’est une affaire très sérieuse.


Après Copacabana, je me suis dirigé vers La Paz, la capitale nationale qui est sans aucun doute la ville la plus étrange que j’ai visité à date. Elle étonne premièrement par son emplacement. À environ 3700 mètres, c’est une des capitales les plus élevées. Elle occupe une grande vallée au complet. Sur certains côtés on voit d’abruptes falaises et toutes les autres pentes sont occupées par des quartiers résidentiels bâtis à même la montagne. Au fond de la vallée, on retrouve le centre-ville où se mêlent édifices coloniaux et bâtiments modernes. Certains essayent de se donner des airs de grattes ciels, mais, même s’ils sont plus proches des nuages que bien d’autres buildings, ils n’ont rien de bien impressionnant. Malgré ces efforts, des bouchons de circulation dignes des plus grandes métropoles et ses deux millions d’habitants, La Paz a plutôt l’air d’un grand village que d’une grande capitale. Même au centre-ville, on sent bien la culture traditionnelle andine qui résiste encore au cosmopolitisme qui caractérise généralement les grandes villes. On voit partout des femmes portant les amples jupes et le petit chapeau melon typique de la région. Dès que l’on sort un peu du centre ville, les rues sont parsemées d’étales de légumes, de maïs ou de cossins plus ou moins inutiles, comme dans un grand marché provincial. Le rythme devient aussi beaucoup plus relax et les gens moins pressés.



Après trois jours dans cette ville étrange, j’ai décidé d’aller voir la campagne. Encore une fois, le caractère provincial de La Paz s’est révélé lorsqu’est venu le temps de quitter la ville. Il y existe bel et bien une station d’autobus, mais la plupart des départs se font à partir d’un grand cimetière situé un peu à l’écart du centre ville. Je ne sais pas trop pourquoi, mais c’est l’endroit qu’à peu près toutes les compagnies locales de transport ont choisi pour s’installer. Aidé par mon chauffeur de taxi j’ai facilement trouvé un combi pour Sorata, un village dans la montagne qui me semblait attrayant. Ne voyant pas d’autobus à proximité je choisis le combi qui avait l’avantage de partir sur le champ, mais c’est à peu près le seul. Un combi est un minibus très utilisé au Pérou et en Bolivie, normalement il sert plutôt de transport urbain, mais ici on s’en sert aussi pour les longues distances. Au Canada la capacité maximale d’un tel véhicule serait sûrement fixée à dix personnes, mais ici c’est plutôt 15, quand le véhicule ne se met pas à ramasser tous les piétons qui lui fait signe, alors ça devient simplement ridicule. Afin d’asseoir le plus de passagers possible, les sièges du combi sont rapprochés jusqu’à ce qu’il y ait juste assez de place pour accommoder les jambes d’un Bolivien (ou d’un Péruvien) moyen qui, malheureusement pour moi, se trouvent à êtres relativement plus courtes que celle d’un Canadien moyen. Après trois heures j’avais les jambes et les fesses totalement endolories (parce qu’évidemment le siège trop petit est aussi top dur) et je me suis juré que je ne prendrais plus jamais un combi pour un trajet de plus de dix minutes.
Ma destination en valait tout de même le coup. Sorata est un très beau village de montagne et un bon coin pour la randonnée. J’y suis resté deux jours, je n'ai pas fait beaucoup de randonnée mais j'ai quand même marché jusqu’à une grotte située à quelques kilomètres du village. La grotte était plutôt décevante puisqu’on essaye d’en faire une banale attraction touristique, mais les paysages étaient impressionnants.


Je suis revenu à La Paz le lendemain et je prépare présentement ma prochaine expédition, vers le sud cette fois.

vendredi 17 avril 2009

À la découverte de la jungle amazonienne



Tel que promis, voici quelques photos prises dans la jungle. J'y ai passé trois jours durant lesquels j'ai pu me promener dans la nature, faire du canoë et prendre plein de photos. La jungle est vraiment un endroit incroyable. La nature y est dense et incroyablement diverse.
J'ai aussi eu la chance d'avoir un guide privé. Normalement ce n'est pas le cas, mais comme l'agence avec laquelle je faisais affaire n'était pas très occupé je me suis retrouvé seul avec un guide. Les tours sont généralement bien organisé. On peut dormir dans un lodge ou faire du camping. Je devais essayer la deuxième option, mais comme il pleuvait j'ai plutôt passé ma deuxième nuit dans la jungle chez une famille qui habite seule dans un coin assez isolé.
Ce que j'ai préféré ce sont les promenades en canoë, très probablement la meilleure façon d'amirer la jungle, surtout à cette époque de l'année où le niveau de l'eau est élevé. Puis, on pouvait toujours débarquer pour suivre une groupe de singes. J'ai vu pas mal de faune, mais malheureusement les animaux sont très peureux et se sauvent dès qu'on approche. Sinon on voit surtout des oiseaux.







J'ai aussi pu observer un animal très particulier: le dauphin rose de l'Amazone. C'est un dauphin de rivière que l'on retrouve seulement dans l'Amazone. Je pensais qu'il serait très difficile à observer, mais finalement j'en ai vu plusieurs. Ils sont assez étonants et vraiment rose.


Le troisième jour, j'ai visité une réserve pour animaux. Le lieu est géré par un homme de la région qui récupère des animaux blessés dans la jungle. On n'y retrouve aucune clôture, mais comme les animaux savent qu'ils y seront nourris, ils ont tendance à rester et s'habituent rapidement aux humains. J'ai donc pu observer de près les animaux de la jungle et m'amuser avec les singes qui, si timide dans la jungle, étaient ici très joueurs.



Voici pour vous la série Julien s'amuse avec les animaux de la jungle.




Notez que ceci est un "petit Anaconda". Il ne faisait même pas trois mètres. Ce sont les plus gros serpents du monde et peuvent atteindre 8 mètres, voir plus. Parait que les plus gros peuvent facilement manger un homme (mais les attaques sont très rares).

Ce petit singe (un capuccin noir, je crois) était beaucoup moins intimidant.

Ah oui j'ai aussi pu me familiariser avec les techniques locales de chasses. Mais ne vous inquiètez pas, je n'ai fait que prendre des photos des animaux.

lundi 13 avril 2009

Une ville unique au fond de la jungle

Je viens tout juste de revenir de trois jours dans la jungle, mais n'ai pas encore eu le temps de trier mes photos. En attendant, laissez mois vous parler d'Iquitos, qui est en soit une ville très étonnante.
Avec près d'un demi million d'habitants, Iquitos est la plus grande ville au monde qui ne peut être rejoint par une route. Elle est donc très isolée, située à plusieurs centaines de kilomètres des grandes villes péruvienne et totalement encerclé par la jungle. Malgré cela c'est une grande ville dynamique.
Iquitos a aussi une histoire très particulière. Jusqu'à la fin du 19e siècle ce n'était qu'un modeste village dominé par les missionaires. La ville c'est développé très rapidemment au début du 20e siècle grace au rubber boom : une folle course au caoutchouc lancé par l'ouverture des premières fabriques d'automobiles. Des entrepreneurs venus de différents pays ont fait fortune à Iquitos qui connue une ère de très grande prospérité (quoique je doute que les populations locales en aient beaucoup profité). Les grands édifices luxueux ce sont multipliés dans le centre ville, construit par des architectes venus d'Europe. On retrouve même devant la place d'arme un édifice conçu par nul autre que Gustave Eiffel, père de la tour Eiffel.
Après le rubber boom, la ville est plus ou moins tombée en décrépitude, mais les nombreux ouvriers qui étaient venus y trouver du travail sont restés. Aujourd'hui, on ne pourrait pas dire qu'Iquitos est une ville riche, mais elle reste la plaque tournante de toute l'exploitation de l'amazone péruvien.

Iquitos est réputé pour ses édifices recouverts de tuiles. En général l'architecture est très différente que dans les autres villes péruviennes.



Je ne sais pas trop dans quelles circonstances il s'est retrouvé ici, mais Gustave Eiffel a conçu trois batiments à Iquitos. Il n'en reste qu'un seul.


Évidemment, il est en acier.

L'église qui domine la place d'arme d'Iquitos a elle aussi un style différent des autres églises péruviennes.

Le quartier le plus étonnant d'Iquitos est sans aucun doute Belen. C'est un quartier pauvre, pratiquement un bidonville, mais qui est entièrement bâtit sur pilotis à même les rives de l'Amazone. Cinq mois par année, le quartier est entièrement innondé et le seul moyen de s'y déplacer est de prendre une barque. C'est la Venise de l'Amazone, mais en beaucoup moins glamour. De tous mes voyages je n'ai jamais rien vu de tel. Tout est bâtit sur l'eau, les maisons, les magasins, les bars, les écoles et même l'église. Mais voyez plutôt vous même.












lundi 6 avril 2009

Vive les marins d'eau douce!



Quand on voyage, il faut savoir prendre on temps. C’est avec cette idée en tête que je me suis dirigé vers la jungle, au nord-est du Pérou. J’aurais pu prendre l’avion, mais pourquoi précipiter les choses lorsque l’on peut tout simplement prendre un bateau. Enfin je dis simple, mais ce ne l’était pas vraiment de Trujillo, sur le bord de la mer, j’ai d’abord pris le bus jusqu’à Yurimaguas. Un voyage d’environ 30 heures. Puis de Yurimaguas, direction Iquitos à bord du Eduardo IV où j’ai passé les trois derniers jours. C’était long, mais ce fut une expérience unique et les paysages étaient absolument magnifiques.
Nous avons navigué principalement sur le fleuve Marañón, un tributaire du mythique fleuve Amazone dans lequel il se jette un peu avant Iquitos. C’est un fleuve immense entouré d’une jungle profonde dont on devine difficilement les secrets. À mon avis, il n’y a pas de meilleur moyen de découvrir la région que par bateau.
En arrivant à Yurimaguas je ne savais pas trop à quoi m’attendre. Certains des bateaux que j’y ai vus n’inspiraient pas confiance, mais celui que j’ai pris était très correct. Les installations étaient toutefois très rudimentaires. Chaque passager apporte son hamac et c’est ce qui lui servira de cabine pour tout le voyage. Environ une centaine de passagers se sont installés de la sorte. Je pensais être le seul étranger, mais je me suis vite rendu compte qu’il y avait aussi deux Américains à bord avec qui j'ai pu sympathiser.

Sur le bateau, il n’y avait pas grand-chose à faire, juste se reposer, lire et évidemment admirer la vue. De temps en temps, le bateau s’arrêtait dans des villages pour ramasser de la marchandise et de nouveau passager. La région est très isolée, mais des gens y habitent encore. À peu près tous ces villages sont bâtis sur pilotis à même la rivière ce qui est assez étonnant à voir. Comme c’est la saison des pluies, la rivière est haute et ils se retrouvent tous inondés, mais les gens semblent avoir l’habitude et se déplacent tous en canoë de toute façon.
Maintenant que j’ai découvert la rivière, il me reste à voir la jungle qui sera ma prochaine destination.