mercredi 11 mars 2009

Machu Picchu!


Voilà, j’ai enfin vu le Machu Picchu. C'est peut être pas super original, mais depuis des années je rêve de voir cette cité perdue des Incas, devenue légendaire. Maintenant c'est fait.
C’est un de ces sites mystérieux. Une ville cachée au sommet d’une montagne, pratiquement oubliée pendant des siècles, puis redécouverte il y a environ cent ans. Même si le site est aujourd’hui envahi par de centaines de touristes, il garde encore une bonne part de mystère. C’est un endroit mystique qui servait à la fois de ville et de lieu de culte, comme en témoignent les plusieurs temples qu’on y retrouve. On y retrouve notamment le temple du soleil (juste comme dans Tintin). Il y a aussi un temple dédié au condor (un des trois animaux sacrés vénérés par les Incas avec le Puma et le Serpent, qui représentent plus ou moins le paradis des Dieux, le monde des Hommes et l’enfer, monde des morts). Le Machu Picchu était aussi doté d’un observatoire d’où les érudits de l’époque observaient le mouvement des astres. Ils y avaient installé un cadran solaire qui encore aujourd’hui indique parfaitement les solstices d’été et d’hiver. (Fait très intéressant, les Incas possédaient le calendrier le plus précis de l’histoire de l’humanité. Seul problème, ce calendrier se termine en 1212, ce qui selon plusieurs oiseaux de malheur signifie qu’il ne nous reste que quatre ans à vivre.)
Mais avant de m’émerveiller devant l’une des (nouvelles) merveilles du monde, j’ai dû le mériter. C’est donc par la force de mes jambes que je me suis rendu au Machu Picchu. Je n’ai pas emprunté le classique chemin Inca, la route historique vers le Machu Picchu et la plus populaire auprès des touristes. J’ai plutôt opté pour la jungle Inca, une alternative qui permet de découvrir plusieurs terrains différents. La randonnée de quatre jours commence au sommet des montagnes, en plein milieu de nuages, puis, pour la première journée on descend jusqu’au fond d’une vallée sur des vélos pourris. Heureusement que c’est de la descente tout du long parce que mon vélo refusait de changer de vitesse et dès qu’on arrivait sur du plat la chaîne n’arrêtait pas de dérailler. La route elle-même était intéressante. C’est une route de montagne tout en zigzag qui longe de profonds précipices. D'un côté, on a donc un mur de roche vive et de l’autre, le vide. C’est quand même une bonne route, pavée pour la majorité du parcours, sauf qu’à tous les quelques kilomètres on y retrouve les traces d’éboulements qui bloquent partiellement la route, puis, de temps en temps une rivière qui la traverse. Au Canada on s’arrange habituellement pour que l’eau passe sous la route, mais ici ce luxe n’est pas jugé nécessaire. Les voitures passent sans problèmes, mais les cyclistes se retrouvent immanquablement avec les fesses mouillées et le dos rayé.
Après une journée bien remplie, notre groupe a passé la nuit à Santa Maria, un petit village qui semble vivre principalement du sentier. On y retrouve plusieurs auberges et restaurants qui accueillent des pèlerins venus du monde entier. Dans mon groupe, on retrouvait quatre nationalités, ce qui est relativement peu. Il y avait trois argentins, deux allemandes, un israélien et moi. Notre auberge était simple, mais correcte. Malheureusement, il n’y avait pas d’eau chaude pour la douche, ce qui semble être la norme sur le sentier, malgré ce que disent les agences de voyages.

La deuxième journée était de loin la plus longue. Dès huit heures, nous étions sur la route. Au début, le sentier reste au fond d’une vallée, mais subitement il se met à grimper. Pendant près de deux heures, nous avons donc monté une pente abrupte. Heureusement à mi-chemin une famille de paysans avait installé une escale qui leur rapporte sûrement beaucoup plus que toute une année de récolte. Au sommet, nous avons rejoint une partie du chemin Inca d’origine. C’est un sentier étroit qui encore une fois longe un précipice. À l’origine, les Incas avaient tout un réseau de routes, reliant les différentes villes et où des coureurs transportaient diverses marchandises. Deux choses sont certaines : ils n’avaient pas le vertige et ils devaient être incroyablement en forme.
À la fin de la journée, nous sommes allés à une source thermale. Après avoir marché toute la journée, se baigner dans une piscine d’eau chaude était incroyable. Sauf que malgré l’eau chaude qui jaillit de la terre, j’ai encore une fois dû me contenter d’une douche froide (n’est-ce pas le comble de l’ironie).
Le troisième jour nous avons encore marché, mais c’était beaucoup moins difficile que la veille. Après un détour pour voir une chute d’eau, nous avons marché environ trois heures sur une route de terre jusqu’à une station hydroélectrique où la route arrête subitement. De là il n’y a que deux façons de se rendre jusqu’à Aguas Caliente (alias Machu Picchu pueblo puisqu’il est situé au pied de la montagne), prendre le train, ou bien marcher le long du chemin de fer. Évidemment, nous avons choisi la deuxième option. Il est quand même drôle de voir qu’il n’y a aucune route qui se rend jusqu’au plus important site touristique du pays. Ça pue l’arnaque à plein nez. L’état protège ainsi le monopole de la compagnie de chemin de fer (qui appartient à une compagnie espagnole, je crois) et aussi des nombreux tour operators.
Quant à Aguas Caliente, c’est sûrement le village le plus étrange du Pérou. À la base, il n’y avait pas grand chose, juste quelques familles de paysans (d'ailleurs, ce sont eux qui ont permis la « découverte » du Machu Picchu en guidant l’archéologue Hiram Bingham qui se trouvait là plus ou moins par hasard en cherchant d’autres ruines incas). C’est maintenant un village coloré aux allures de Disney Land. On n’y retrouve que des hôtels, des restaurants et des magasins qui vous vendent des ponchos pour trois fois le prix.
Le lendemain matin, nous nous sommes levés à 4h00 du matin et à 4h45 nous étions en route pour le Machu Picchu. Il faut environ 1h30 pour atteindre le sommet. À 5h00 du matin escalader une montagne, c’est pas ce qu’il y a de plus facile. Le chemin est rempli de zombies aux jambes endolories qui titubent vers le sommet. Puis une fois arrivé, juste à temps pour l’ouverture du site, tout fier de l’effort et sentant qu’on mérite enfin son Machu Picchu, on se rend compte que 300 personnes sont déjà arrivées par bus et qu’il faudra faire la queue comme les autres. Ensuite, il faudra courir jusqu’à l’autre bout du site en essayant d’ignorer les merveilles qui nous entourent et le paysage à couper le souffle pour atteindre la billetterie du Wayna Picchu, le mont qui surplombe le Machu Picchu et d’où la vue est supposément magnifique. J’arrive quelques minutes avant l’ouverture et obtiens le billet 353 sur 400 (car seulement 400 personnes peuvent monter chaque jour). Après on peut relaxer un peu et commencer à explorer le Machu Picchu.




Mon forfait incluait une visite guidée de 2h qui fut très intéressante. C’est presque nécessaire parce qu’il y a plein de choses intrigantes à voir, mais on ne peut pas vraiment savoir ce qu’elles sont sans l’aide d’un guide. Même si le site a été maintes fois étudié, il reste encore énigmatique. On ne sait même pas exactement à quoi il servait. À l'origine, certains pensaient que c’était un lieu réservé aux jeunes femmes choisies pour les sacrifices, à cause des nombreuses tombes qu’on y a retrouvées. Maintenant les archéologues pensent plutôt que c’était une sorte de résidence secondaire pour l’Inca. Une chose est sûre, le site était très important pour les Incas comme en témoigne la grande qualité de la main d’œuvre.
Après m’être éduqué un peu, je me suis lancé à l’assaut du Wayna Picchu. De toutes les montagnes que j’ai escaladées depuis mon arrivée au Pérou, c’est de loin la plus abrupte. L’escalade est intense et l’on comprend vite pourquoi seulement 400 personnes peuvent monter par jour; le sentier est super étroit. Parfois, les marches de pierre sont si étroites qu’on ne peut pas poser son pied au complet. Au sommet il y a encore des ruines et l’on a une vue incroyable sur le Machu Picchu.

Malheureusement, c’est à peu près tout ce que j’ai eu le temps de faire au Machu Picchu puisque je devais prendre le train pour Cusco à 2h30. Mais c’est déjà pas mal et même si c’est un site hyper touristique je le recommande très fortement. Je suis ensuite rentrée à Cusco où je prépare la suite de mon voyage. Demain je partirai pour Arequipa, deuxième ville du Pérou. De là j’espère explorer le Canyon de Calca, qui est supposément magnifique. Je vous en donnerai des nouvelles!





2 commentaires:

  1. Super Julien. J'ai hâte de voir l'ensemble des photos en particulier des 3 jours de bicyclette et de marche pour se rendre au Machu Pichu. Celà a dû être un choix difficile de sélectionner des photos pour ton blogue. Chantal

    RépondreSupprimer
  2. Un sentier entre la falaise et le précipice, où on ne peut pas toujours poser son pied (oui, je sais, je fais des raccourcis), cette fois c'est certain : jamais je ne pourrai grimper le Macchu Pichu, je mourrai de peur vertigineuse avant d'arriver en haut !... C'est vraiment plate, parce que tes photos sont encore une fois superbes, et ça fait vraiment envie d'y être. Donc continue à bien profiter et à nous raconter tes aventures, c'est vraiment le fun de te lire!

    RépondreSupprimer