mardi 31 mars 2009

Gone surfin'...

Après mon expérience de sandboarding et un bref passage à Lima, la capitale nationale, j'ai décidé d'essayer une autre sport de planche, un peu plus classique cette fois. Je me suis donc rendu à Huanchaco, un petit village de bord de mer, tout près de Trujillo et très populaire auprès des surfers.
Je suis resté à Huchaco 4 jours, histoire de surfer quelques vagues et prendre un peu de soleil. Évidemment, je ne suis pas un grand surfer, mais j'ai quand même réussi à me mettre debout sur ma planche à quelques reprises (et même à y rester). C'est très probablement un des sports les plus difficiles que j'ai essayé et je quitte Huanchaco avec un nouveau respect pour les surfers. C'est un sport très exigeant qui prend une excellente forme physique. Il faut d'abord nager jusqu'aux vagues en traversant celles qui viennent vers vous, ce qui demande force et endurance. Il faut ensuite surfer la vague, ce qui demande encore une fois de la force, mais surtout un excellent sens du timing et évidemment de l'équilibre. Mais une fois sur la vague, on se sent comme un dieu. Un genre de surhomme qui domine les éléments. C'est vraiment une sensation incroyable qui me donne envie de pratiquer encore plus. Malheureusement, il n'y a pas grand vagues au Nouveau-Brunswick.




mercredi 25 mars 2009

Le bac à sable péruvien



Après avoir passé le plus clair de mon temps au Pérou dans les montagnes, j'ai été très surpris, en me dirigeant vers la côte, de découvrir qu'une grande partie du pays est en fait carrément désertique. Après Arequipa, le paysage change dramatiquement. À Nazca on découvre un désert rocailleux, mais si on continue plus loin on trouve des paysages digne du Sahara avec certaines des plus grandes dunes de sable au monde. Évidemment j'avais besoin de voir ça alors je suis allé à Huacachina, un oasis près de la ville de Ica qui est totalement entouré de dunes de sable.

L'endroit en tant que tel est impressionnant. Les dunes sont vraiment immenses et si on grimpe un peu, elles s'étendent à perte de vue. Elles vont en fait jusqu'au Pacifique, 40 km plus loin.
À Huacachina on a trouvé une façon originale de profiter de tout ce sable. Ce petit oasis est sans aucun doute la capitale péruvienne (si ce n'est pas mondiale) du sandboarding. Qu'est ce que le sandboarding? Et bien c'est comme le snowboard, mais dans le sable (plein de bon sens non). Évidemment je ne pouvais pas passer à Huacachina sans essayer ce sport particulier.
Presque toutes les auberges à Huacachina organisent des sorties de sandboarding. On peut y louer des planches et des sandbuggies, des espèces de petits 4x4, vous emmènenent dans les dunes.
Le tour en sandbuggy est souvent plus excitant que le sandboarding. Les chauffeurs roulent à toute vitesse dans les dunes, grimpent, vont des virages de malades et dévalent des pentes abruptes à des vitesses folles. C'est un peu comme des montagnes russes, mais avec du sable qui vous souffle dans le visage en plus.


Quand au sandboarding, c'est beaucoup plus difficile que ça en a l'air. À la base c'est très similaire au snowboard. On se retrouve dans la même position, avec les deux pieds attachés sur une planche, mais à partir de là tout est différent parce que, étonnament, le sable et bien c'est beaucoup moins glissant que la neige. Il y a moyen d'aller vite, mais il est presque impossible de faire des virages. On a donc très peu de contrôle sur la planche ce qui peut être assez frustrant. Heureusement pour moi (qui peine déjà avec le snowboard) il y a une autre technique beaucoup plus facile et plus amusante.

Il faut juste bien fermer la bouche, parce qu'on se prend du sable absolument partout. Deux jours plus tard je trouve encore du sable dans mes cheveux et mes oreilles. Je le recommande quand même si vous passez un jour dans le coin.

dimanche 22 mars 2009

Le mystère de Nazca


Le Pérou est un pays riche en mystères. On y retrouve toutes sortes de lieux mystiques et de structures étranges construites il y a des siècles par des civilisations que l’on ne comprend toujours pas. Mais de tous les mystères qu’abrite le Pérou, aucun n’est plus grand que les lignes de Nazca (et ce sens dans tous les sens du terme).
Dans le milieu du désert, une ancienne civilisation pré-Inca, c’est amusé à dessiner dans le sable. À la base, ça pourrait sembler banal, mais quand les dessins en question mesurent plus de 100 mètres, s’étendent sur plus de 500 km2 et ne peuvent être vus que du ciel, on commence à se poser des questions et à spéculer. D'ailleurs, les théories abondent quant à leur sens, mais à ce jour, personne ne sait exactement pourquoi les Nazcas ont développé cet étonnant réseau de lignes et de dessins. Certains disent que les dessins sont pour les Dieux ou liés à un culte de la terre et de l’eau. D’autres disent qu’ils sont simplement d’immenses illustrations des hallucinations de shamans dopés au cactus. Il pourrait aussi s’agir d’un calendrier puisque certaines lignes sont orientées avec les astres. Puis évidemment il y a tous ceux qui disent que les lignes ont été faites par, ou au moins pour, des extra-terrestres. Les lignes serviraient ainsi à les guider, ou pourraient même être des pistes d’atterrissage.
Quant à la construction même des lignes, elle semble relativement semble. Il suffit d’enlever une couche de pierres pour exposer la terre plus claire puis empiler les pierres sur les côtés. Le seul mystère est de savoir comment les artistes se sont guidés pour faire de si grands dessins. L’hypothèse la plus logique c’est qu’ils avaient une bonne connaissance des mathématiques et de très longues cordes. Au moins un archéologue a affirmé que les Nazcas savaient construire des montgolfières. Mais évidemment le moyen le plus simple c’est encore d’emprunter le vaisseau spatial de son ami ET.
Pour ce qui est de l’âge des lignes, là encore c’est dur à déterminer. J’ai entendu 2500 ans, mais je ne suis pas sur si c’est exact. En tout cas, elles datent de plus de 1000 ans. Et si vous vous demandez comment elles ont fait pour rester intactes jusqu’à maintenant, ici au moins la réponse et simple. Il ne pleut pratiquement jamais dans cette région du Pérou, alors l’érosion est très lente.
La seule façon de voir les lignes de Nazca c’est de prendre un avion et c’est exactement ce que j’ai fait. Ce n’est pas donné, mais bon ce n’est pas tous les jours qu’on peut voir quelque chose d’aussi étrange. De Nazca (la ville) on peut facilement monter à bord de petits Cesna qui vous amènent faire un tour d’une demi-heure au-dessus des lignes. C’était sans aucun doute le vol le plus inconfortable de ma vie, surtout que le pilote fait le tour de chaque dessin en penchant son avion des deux côtés pour que tous les passagers puissent voir. Mais bon vous serez sans doute heureux d’apprendre que j’ai réussi à garder mon lunch ET prendre des photos.
Quant au sens de tous ces dessins… j’en ai encore aucune idée. Mais les martiens ont quand même fait un travail impressionnant.

L'avion le plus incomfortable dans lequel je suis monté de ma vie.



Le condor


L'araignée


Le colibri



La baleine

Le singe
Une piste d'aterissage pour OVNI.

Mon préféré et de loin le dessin le plus intriguant. On l'apelle l'astronaute.


Avouez que c'est weird.

samedi 21 mars 2009

Arequipa et le Canyon del Colca

Après près d'un mois et demi dans la région de Cusco j'ai enfin commencé à voir de nouveaux paysages. J'ai commencé par Arequipa, la deuxième ville du pays. On la surnomme la ville blanche parce que tous les bâtiments coloniaux y sont bâtit avec une pierre blanche que l'on retrouve dans la région. La ville est très différente de Cusco. Elle est plus grande, plus moderne, plus riche et beaucoup moins touristique. C'est une belle ville, mais on ne sent pas l'histoire comme à Cusco où la moitié des pierres ont vues au moins deux civilisations.

Comme toute les villes pérouviennes Arequipa a sa place d'arme

Mais Arequipa était avant tout le point de départ pour ma prochaine excursion au Cayon de Colca situé à quelques heures de la ville. Ce canyon, considéré comme une des merveilles naturelles du Pérou est le deuxième plus profond au monde (mais je dois avouer que je ne sais pas exactement comment on détermine la profondeur d'un Canyon). J'y ai passé trois jours pour faire de la randonnée.
Beaucoup d'agences offre des tours avec guide, mais j'ai décidé de m'aventurer seul dans le canyon. Mais je ne suis pas resté seul très longtemps, le soir de mon arrivée j'ai rencontré un canadien et un allemand qui partaient eux aussi dans la même direction. Le lendemain matin au petit déjeuner nous avons rencontré deux franco ontariennes qui se sont joint à nous pour la journée. En fait j'ai rencontré plus de canadiens dans le canyon que nul part ailleurs durant mon voyage. En route nous avons croisés quatre canadiennes dont une de l'Ile-du-Prince-Édouard qui sort avec un gars de Moncton et connait plusieurs personnes avec qui je suis allé à l'école. C'était assez surprenant comme rencontre.
Quant à la randonnée, c'est surement l'une des meilleures que j'ai fait à date. Quoique j'ai l'impression de dire ça souvent dernièrement. Il y a quelque chose de particulier à marcher dans un canyon. On est constament entouré par des montagnes et des falaises grandioses. Par contre on doit se taper des descentes et des montés énormes. En fait c'est à peu près tout ce que l'on fait. Quand on descend, on descend longtemps et quand on monte, et bien on a envie de mourir. Ma dernière journée dans le canyon j'ai littéralement grimpé toute la journée. Entre le fond du canyon et le sommet, il y a plus d'un kilomètres de dénivelé. C'est un supplice qui semble infini, mais on termine éventuellement la journée soulagé et très satisfait.


Le canyon de Colca







Moi trop près d'un geyser

mercredi 11 mars 2009

Machu Picchu!


Voilà, j’ai enfin vu le Machu Picchu. C'est peut être pas super original, mais depuis des années je rêve de voir cette cité perdue des Incas, devenue légendaire. Maintenant c'est fait.
C’est un de ces sites mystérieux. Une ville cachée au sommet d’une montagne, pratiquement oubliée pendant des siècles, puis redécouverte il y a environ cent ans. Même si le site est aujourd’hui envahi par de centaines de touristes, il garde encore une bonne part de mystère. C’est un endroit mystique qui servait à la fois de ville et de lieu de culte, comme en témoignent les plusieurs temples qu’on y retrouve. On y retrouve notamment le temple du soleil (juste comme dans Tintin). Il y a aussi un temple dédié au condor (un des trois animaux sacrés vénérés par les Incas avec le Puma et le Serpent, qui représentent plus ou moins le paradis des Dieux, le monde des Hommes et l’enfer, monde des morts). Le Machu Picchu était aussi doté d’un observatoire d’où les érudits de l’époque observaient le mouvement des astres. Ils y avaient installé un cadran solaire qui encore aujourd’hui indique parfaitement les solstices d’été et d’hiver. (Fait très intéressant, les Incas possédaient le calendrier le plus précis de l’histoire de l’humanité. Seul problème, ce calendrier se termine en 1212, ce qui selon plusieurs oiseaux de malheur signifie qu’il ne nous reste que quatre ans à vivre.)
Mais avant de m’émerveiller devant l’une des (nouvelles) merveilles du monde, j’ai dû le mériter. C’est donc par la force de mes jambes que je me suis rendu au Machu Picchu. Je n’ai pas emprunté le classique chemin Inca, la route historique vers le Machu Picchu et la plus populaire auprès des touristes. J’ai plutôt opté pour la jungle Inca, une alternative qui permet de découvrir plusieurs terrains différents. La randonnée de quatre jours commence au sommet des montagnes, en plein milieu de nuages, puis, pour la première journée on descend jusqu’au fond d’une vallée sur des vélos pourris. Heureusement que c’est de la descente tout du long parce que mon vélo refusait de changer de vitesse et dès qu’on arrivait sur du plat la chaîne n’arrêtait pas de dérailler. La route elle-même était intéressante. C’est une route de montagne tout en zigzag qui longe de profonds précipices. D'un côté, on a donc un mur de roche vive et de l’autre, le vide. C’est quand même une bonne route, pavée pour la majorité du parcours, sauf qu’à tous les quelques kilomètres on y retrouve les traces d’éboulements qui bloquent partiellement la route, puis, de temps en temps une rivière qui la traverse. Au Canada on s’arrange habituellement pour que l’eau passe sous la route, mais ici ce luxe n’est pas jugé nécessaire. Les voitures passent sans problèmes, mais les cyclistes se retrouvent immanquablement avec les fesses mouillées et le dos rayé.
Après une journée bien remplie, notre groupe a passé la nuit à Santa Maria, un petit village qui semble vivre principalement du sentier. On y retrouve plusieurs auberges et restaurants qui accueillent des pèlerins venus du monde entier. Dans mon groupe, on retrouvait quatre nationalités, ce qui est relativement peu. Il y avait trois argentins, deux allemandes, un israélien et moi. Notre auberge était simple, mais correcte. Malheureusement, il n’y avait pas d’eau chaude pour la douche, ce qui semble être la norme sur le sentier, malgré ce que disent les agences de voyages.

La deuxième journée était de loin la plus longue. Dès huit heures, nous étions sur la route. Au début, le sentier reste au fond d’une vallée, mais subitement il se met à grimper. Pendant près de deux heures, nous avons donc monté une pente abrupte. Heureusement à mi-chemin une famille de paysans avait installé une escale qui leur rapporte sûrement beaucoup plus que toute une année de récolte. Au sommet, nous avons rejoint une partie du chemin Inca d’origine. C’est un sentier étroit qui encore une fois longe un précipice. À l’origine, les Incas avaient tout un réseau de routes, reliant les différentes villes et où des coureurs transportaient diverses marchandises. Deux choses sont certaines : ils n’avaient pas le vertige et ils devaient être incroyablement en forme.
À la fin de la journée, nous sommes allés à une source thermale. Après avoir marché toute la journée, se baigner dans une piscine d’eau chaude était incroyable. Sauf que malgré l’eau chaude qui jaillit de la terre, j’ai encore une fois dû me contenter d’une douche froide (n’est-ce pas le comble de l’ironie).
Le troisième jour nous avons encore marché, mais c’était beaucoup moins difficile que la veille. Après un détour pour voir une chute d’eau, nous avons marché environ trois heures sur une route de terre jusqu’à une station hydroélectrique où la route arrête subitement. De là il n’y a que deux façons de se rendre jusqu’à Aguas Caliente (alias Machu Picchu pueblo puisqu’il est situé au pied de la montagne), prendre le train, ou bien marcher le long du chemin de fer. Évidemment, nous avons choisi la deuxième option. Il est quand même drôle de voir qu’il n’y a aucune route qui se rend jusqu’au plus important site touristique du pays. Ça pue l’arnaque à plein nez. L’état protège ainsi le monopole de la compagnie de chemin de fer (qui appartient à une compagnie espagnole, je crois) et aussi des nombreux tour operators.
Quant à Aguas Caliente, c’est sûrement le village le plus étrange du Pérou. À la base, il n’y avait pas grand chose, juste quelques familles de paysans (d'ailleurs, ce sont eux qui ont permis la « découverte » du Machu Picchu en guidant l’archéologue Hiram Bingham qui se trouvait là plus ou moins par hasard en cherchant d’autres ruines incas). C’est maintenant un village coloré aux allures de Disney Land. On n’y retrouve que des hôtels, des restaurants et des magasins qui vous vendent des ponchos pour trois fois le prix.
Le lendemain matin, nous nous sommes levés à 4h00 du matin et à 4h45 nous étions en route pour le Machu Picchu. Il faut environ 1h30 pour atteindre le sommet. À 5h00 du matin escalader une montagne, c’est pas ce qu’il y a de plus facile. Le chemin est rempli de zombies aux jambes endolories qui titubent vers le sommet. Puis une fois arrivé, juste à temps pour l’ouverture du site, tout fier de l’effort et sentant qu’on mérite enfin son Machu Picchu, on se rend compte que 300 personnes sont déjà arrivées par bus et qu’il faudra faire la queue comme les autres. Ensuite, il faudra courir jusqu’à l’autre bout du site en essayant d’ignorer les merveilles qui nous entourent et le paysage à couper le souffle pour atteindre la billetterie du Wayna Picchu, le mont qui surplombe le Machu Picchu et d’où la vue est supposément magnifique. J’arrive quelques minutes avant l’ouverture et obtiens le billet 353 sur 400 (car seulement 400 personnes peuvent monter chaque jour). Après on peut relaxer un peu et commencer à explorer le Machu Picchu.




Mon forfait incluait une visite guidée de 2h qui fut très intéressante. C’est presque nécessaire parce qu’il y a plein de choses intrigantes à voir, mais on ne peut pas vraiment savoir ce qu’elles sont sans l’aide d’un guide. Même si le site a été maintes fois étudié, il reste encore énigmatique. On ne sait même pas exactement à quoi il servait. À l'origine, certains pensaient que c’était un lieu réservé aux jeunes femmes choisies pour les sacrifices, à cause des nombreuses tombes qu’on y a retrouvées. Maintenant les archéologues pensent plutôt que c’était une sorte de résidence secondaire pour l’Inca. Une chose est sûre, le site était très important pour les Incas comme en témoigne la grande qualité de la main d’œuvre.
Après m’être éduqué un peu, je me suis lancé à l’assaut du Wayna Picchu. De toutes les montagnes que j’ai escaladées depuis mon arrivée au Pérou, c’est de loin la plus abrupte. L’escalade est intense et l’on comprend vite pourquoi seulement 400 personnes peuvent monter par jour; le sentier est super étroit. Parfois, les marches de pierre sont si étroites qu’on ne peut pas poser son pied au complet. Au sommet il y a encore des ruines et l’on a une vue incroyable sur le Machu Picchu.

Malheureusement, c’est à peu près tout ce que j’ai eu le temps de faire au Machu Picchu puisque je devais prendre le train pour Cusco à 2h30. Mais c’est déjà pas mal et même si c’est un site hyper touristique je le recommande très fortement. Je suis ensuite rentrée à Cusco où je prépare la suite de mon voyage. Demain je partirai pour Arequipa, deuxième ville du Pérou. De là j’espère explorer le Canyon de Calca, qui est supposément magnifique. Je vous en donnerai des nouvelles!





lundi 2 mars 2009

Des montagnes et du soccer

Après un mois d’études, me voilà enfin officiellement libre. J’ai fini mes cours d’espagnol vendredi matin et depuis, je me retrouve plus que jamais en mode voyageur. Même si je n’ai pas encore quitté Cusco je me retrouve déjà avec un rythme de vie différent.
Pour célébrer la fin des cours, j’ai escaladé samedi une des plus hautes montagnes de la région, au cours de ce qui fut sans aucun doute la randonnée la plus intense de ma vie. Avec un petit groupe d’étudiants, mené par Olivier, un Suisse romand qui agit comme notre guide montagnard officiel, je me suis lancé à l’assaut du Camino Senor de Huanca. C’est en fait un chemin de pèlerinage qui mène de Cusco à San Salvadore, un petit village à l’entrée de la vallée sacrée et où l’on retrouve une grande église dédiée à Senor de Huanca (dont malheureusement je ne sais pas grand-chose). Des milliers de pèlerins empruntent ce chemin chaque 14 septembre, mais le reste de l’année, le sentier est plus ou moins abandonné. Seuls quelques paysans et quelques bergers l’empruntent encore.
Le chemin fait environ une vingtaine de kilomètres. Vingt kilomètres, c’est pas si mal me direz vous. Mais je peux vous dire que marcher vingt kilomètres dans les montagnes à plus de 4000 mètres d’altitude, c’est tout un exercice. Et comme si ce n’était pas assez difficile, nous avons fait un long détour pour atteindre le sommet d’une montagne qui surplombe le sentier. L’effort fut intense, mais la vue du sommet, à environ 4500 mètres d'altitudes, en valait la peine. D'un côté, on voyait Cusco, 10 km plus loin et 1 km plus bas et de l’autre on avait une vue incroyable sur Pisac et la vallée sacrée. Si vous vous souvenez bien (ou si vous descendez un peu plus bas sur mon blog), j’ai passé une semaine à Taray, juste à côté de Pisac. J’avais alors visité les ruines de Pisac qui surplombent le village et que je trouvais alors assez élevées. Et bien vue de haut c’est beaucoup moins impressionnant.
Le seul inconvénient de notre détour, qui fut pas mal plus long que prévu, c’est que nous avons fini notre randonnée sous les étoiles en coupant à travers champs avec une seule lampe de poche. Heureusement, tout le monde est arrivé sain et sauf à San Salvadore où nous nous sommes payé une bonne ronde de bière tiède pour célébrer notre exploit. En tout, nous avons bien dû faire trente kilomètres dans la journée. Ce fut épuisant, mais au moins maintenant je sais que je n’aurai aucun problème à atteindre le Machu Picchu. Je pars mercredi pour une expédition de 4 jours sur le chemin qu’on appelle Inca Jungle, une alternative au traditionnel Camino Inca. Les quelques 10 km par jour que je devrai parcourir n’auront l’air de rien comparé au Camino Senor de Huanca.


Cusco vue de haut


Cusco de beaucoup plus haut (notez que Cusco est déjà située a environ 3400 mètres au dessus du niveau de la mer).


La vallée sacrée.


Encore la vallée sacrée.



Olivier, notre guide de montagne Suisse distribue des feuilles de coca (indispensable pour continuer à grimper).


Une pause à mi-chemin (plus ou moins)


Moi à 4500 mètres d'altitude et encore vivant.


Mon dimanche fut un peu plus tranquille. Après une grasse matinée bien méritée, je suis allé voir un match de soccer au stade de Cusco. C’est le début de la saison et Cusco affrontait l’Universitario de Lima, une des meilleures équipes du pays. C’était donc un match important pour les Cusquenos qui se sont déplacés en très grand nombre pour l’occasion. Le stade était rempli à craquer de partisans de la furia roja. Quant aux quelques fans de Lima, ils étaient peu nombreux, mais ils savaient se faire remarquer. Malheureusement, je dois avouer que le match m’a un peu déçu. Cusco a été pas mal pourri, malgré un important avantage (les joueurs de Lima arrivent de la côte pour jouer un match de soccer à 3400 mètre d’altitude). Le score final était de 1 à 1 et les deux buts ont été marqués sur des tirs de penalty. Bon ça compte, mais ce n’est pas la façon la plus glorieuse de marquer. C’était quand même amusant d’être parmi la foule et de sentir l’ambiance. Personne ne s’est trop emporté, mais la police était quand même bien présente. Le plus drôle, c’est qu’au début et à la fin de chaque mi-temps, l’anti-émeute devait faire une sorte de haie d’honneur aux joueurs de Lima pour les protéger des divers projectiles qui venaient de la foule. Heureusement que personne n’a été touché parce qu’ils auraient probablement feint une fracture du tibia ou quelque chose du genre (pendant 5 minutes, puis le joueur se serait mis à courir comme si de rien n’était).



Le stade de Cusco remplie à craquer.



Les partisans de Lima.


1-0 pour Cusco.


La haie d'honneur des joueurs de Lima.